Présentation du Réalgar

Le nom plutôt insolite de ce minéral dérive de l’Arabe « rhajalgar » et signifie poussière de mine. Connu depuis l’Antiquité pour ses multiples usages en médecine, il fut utilisé au Moyen Âge par les alchimistes, qui le nommaient « riz du coq ». Le réalgar, constitué chimiquement d’un sulfure d’arsenic, a une magnifique couleur rouge caractéristique, mais il est très délicat.
Caractéristiques
Le réalgar est un des différents sulfures d’arsenic présents dans la nature, on connaît également, outre cette espèce et le célèbre orpiment, les très rares para-réalgars, de même composition chimique, mais de forme cristalline différente de celle du réalgar, et dimorphites. Le réalgar contient 29,9% de soufre et 70,1% d’arsenic, il cristallise dans le système monoclinique. Les cristaux de ce minéral sont assez fréquents et présentent une structure prismatique, avec des striures disposées selon l’allongement du cristal. Ce minéral est toutefois peu commun en formes massives, granulaires ou en incrustations.
Transparent s’il est frais, translucide autrement, le réalgar est d’un beau rouge intense ou d’un rouge à peine orangé, son éclat est résineux à gras. Très tendre et assez lourd, il a un clivage distinct mais assez peu évident, la fracture est conchoïdale, et c’est un minéral sectile. Les échantillons de réalgar doivent être conservés dans l’obscurité, car une exposition prolongée à la lumière provoque facilement la désagrégation du minéral, qui se transforme alors en une poudre jaune orangé, constituée en majorité de la toxique arsénolite, qui contient arsenic et oxygène et de sulfures d’orpiment, et, selon certains, de pararéalgar.
Origine et gisements
Le réalgar est fréquent dans les filons hydrothermaux de basse température, associé en particulier à d’autres sulfures arsenicaux et d’antimoine. On le trouve également comme produit de sublimation* volcanique, dans les fumerolles, et encore dans les dépôts qui se sont formés à proximité des sources chaudes, enfin, il est aussi présent dans quelques roches sédimentaires comme les dolomies et les schistes bitumineux.
Dans la chaîne alpine, les meilleurs cristaux sont certainement ceux du célèbre gisement de Lengenbach, dans la vallée de Binn en Suisse. De très beaux échantillons proviennent aussi de Matra, près de Moita en Corse, d’Allchar en Macédoine (ex-Yougoslavie), de Baia Sprie, Cavnic et Sacarâmb en Roumanie, et de la Getchell Mine, dans le Nevada (Etats-Unis).
Formule chimique : As S
Couleur : rouge à rouge-orangé
Couleur de la poudre : jaune-orangé
Orpiment

L’orpiment est un minéral connu depuis l’Antiquité. Son nom latin, « auri pigmentum », signifie pigment couleur d’or, car on pensait qu’il contenait le précieux métal. Les Anciens l’utilisaient en médecine et comme pigment, mais aussi pour obtenir l’anhydride arsenical, un poison mortel. Les alchimistes désireux de fabriquer de l’argent fondaient l’orpiment avec le cuivre, ce qui donnait un alliage de couleur grise ressemblant vaguement au précieux métal.
Caractéristiques
L’orpiment appartient à la classe des sulfures, il est composé de soufre (39 %), et d’arsenic (61 %). Il cristallise dans le système monoclinique et se présente en cristaux tabulaires ou prismatiques allongés qui atteignent parfois des dimensions remarquables (5 cm de longueur).
Ce minéral se trouve pourtant en masses, même d’importantes dimensions, constituées d’agrégats foliacés, columnaires, réniformes ou granulaires. Le très facile clivage en plaques transparentes et flexibles, que l’on peut tailler au canif, est caractéristique. L’orpiment a une belle couleur jaune doré, tendant au jaune orangé dans les cristaux. Son éclat est résineux et perlé sur les surfaces de clivage. Il est assez dense mais, très tendre, on peut le rayer facilement avec l’ongle.
Origine et gisements
L’orpiment se forme dans les filons hydrothermaux minéralisés de basse température, dans les fumerolles volcaniques et en association avec d’autres minéraux d’arsenic, en particulier le réalgar. Il est souvent associé à la stibine, au réalgar, au cinabre, à l’arsenic natif, à la calcite, à la barytine et au gypse.
On trouve de l’orpiment à Allchar, en Macédoine (ex-Yougoslavie), à Takab en Iran, et à Jelamerk, au Kurdistan turc. D’exceptionnels groupes de cristaux, associés au rare sulfosel de plomb et de thallium, la hutchinsonite, proviennent de la mine Quirivilca, au Pérou. Les échantillons de Loukhoumi, en Géorgie (ex-URSS), sont moins connus mais aussi intéressants. Aux États-Unis, l’endroit le plus célèbre est la mine de Getchell, dans le comté de Humboldt (Nevada).
Un gisement d’arsenic situé à Shimen, dans le Hunan (Chine), exploité pour la fabrication d’insecticides, a produit ces dernières années les plus extraordinaires cristaux d’orpiment jamais rencontrés. Il s’agit de prismes monolithiques très allongés, d’un jaune éclatant, dépassant parfois 7 cm et souvent associés à de beaux scalénoèdres de calcite transparente. Dans cette mine, les cristaux de réalgar, minerai accompagnant fréquemment l’orpiment, sont aussi exceptionnels, certains, biterminés, dépassent parfois 30 cm.
Les plus beaux échantillons d’orpiment proviennent de Lucéram et de Duranus, dans les Alpes-Maritimes, et de la mine de Matra, près de Moita en Corse, où il est associé au réalgar. Dans ces deux localités, il se présente en masses clivables et en rognons foliacés. On en trouve également dans les houillères de l’Aveyron de la Loire et de la Saône et Loire, où il forme des enduits jaunâtres.
Classe : Sulfures
Système cristallin : monoclinique
Formule chimique : As2 S3
Couleur : jaune, jaune-orangé
Couleur de la poudre : jaune
Awaruite

L’awaruite est un alliage nickelifère relativement rare, trouvé surtout dans les roches ultramafiques serpentinisées d’ophiolites et de complexes lités stratiformes. Independamment de sa composition chimique précise, sa formation reste donc intimement associée aux processus de serpentinisation (Nickel 1959, Chamberlain 1966, Stockman et Hlava 1984, Prichard et al. 1986, Nilsson 1987). La présence de platine dans la formule chimique de l’awaruite tend à confirmer un processus de destruction d’une ou de plusieurs phases minérales primaires, porteuses de platine.
Tout comme cela a été observé pour une partie du nickel dans l’ophiolite de Thetford Mines (Chamberlain 1966), il est probable que le platine provienne de sulfures primaires, comme la coopérite, la braggite ou des sulfures de nickel, porteurs de cet élément. Ces minéraux auraient été ultérieurement altérés et remplacés par l’awaruite comme phase minérale porteuse de platine, lors de la serpentinisation des dunites et péridotites. Une awaruite contenant de l’Iridium a été identifiée par Ahmed et Bevan (1981) dans l’ophiolite de Sakhakot-Qila (Pakistan).
Chalcopyrite

La chalcopyrite est un minéral composé de sulfure double (35 % massique), de cuivre (34.5 %) et de fer (30.5 %), de formule CuFeS2.
Son nom, donné par Henckel en 1725, est composé du grec chalkos pour cuivre et de pyrite. Toutefois, sa structure n’est pas celle de la pyrite mais celle de la sphalérite.
La chalcopyrite cristallise dans le système cristallin tétragonal, à groupe d’espace. Études de diffraction neutronique ont montré que Fe et Cu sont présents comme Fe3+ (d5) et Cu+ (d10).
Ce minéral, souvent d’origine hydrothermale, extrêmement commun, fait partie des quatre sulfures les plus abondants (pyrite, chalcopyrite, sphalérite, galène) et est exploité comme minerai de cuivre.
Chromite

Formule : FeCr2O4
Système : isométrique
Couleur : noir
La chromite appartient au groupe des spinelles. C’est un minéral accessoire des péridotites et des roches serpentineuses. Elle forme des gisements lenticulaires (« pods ») dans les ophiolites et se concentre également dans les dépots détritiques. Octaèdres rares, parfois avec cube en troncatures. Généralement en grains informes ou en masses granulaires à compactes. Opaque. Eclat métallique, parfois assez terne. Couleur noire. Poussière brune.
Greigite

Formule: Fe2+ Fe3+ S4
2
Système : Isométrique
Minéral (sulfure) du système cristallin cubique, du groupe de la linnaeite, rose à bleu métallique.
Heazlewoodite

Formule : Ni3S2
Système : trigonal
Couleur : bronze léger ou laiton
Utilisation comme minerai de nickel.
Hercynite (variante : Picutita)

Formule : (Fe, Mg)(Al,Cr) 2O4
Minéral du groupe des spinelles
Couleur : vert foncé
Ilménite

Formule : Fe²+TiO3
Système : trigonal
Couleur : noir fer ou noir
Minéral qui constitue la principale source industrielle du titane. Fréquent dans les roches métamorphiques et roches magmatiques ignées (ex. basalte). Il peut être exploité comme minerai de titane.
Magnétite

Formule : Fe3 O4
La magnétite est un minéral ferrimagnétique de la famille des oxydes. Elle cristallise dans le système cubique et fait partie du groupe des spinelles. Elle se présente en octaèdres ou en masses granulaires noires. Elle est fréquente dans les roches magmatiques (surtout basiques) et métamorphiques.
Millérite

Formule : NiS
Cristaux rhomboédriques, capillaires; à éclat métallique, jaune citron.
Pentlandite

La pentlandite est un sulfure de fer et de nickel de formule (Fe,Ni)9S8, de système cristallin cubique, couleur jaune-bronze clair. Sa structure consiste en un empilement cubique de soufre, les deux cations occupant partiellement les cavités tétraédriques et octaédriques.
Le rapport fer/nickel est très proche de 1 et les membres terminaux n’existent pas à l’état naturel, ni n’ont jamais été synthétisés. Les cristaux mixtes existent seulement dans un intervalle de composition étroit autour du rapport 1 : 1.
On trouve la pentlandite presque toujours en co-croissance avec la pyrrhotite, avec laquelle elle forme les « pyrrhotites nickélifères », qui sont utilisées pour en extraire le nickel (une autre source importante est la garniérite, ou «serpentine nickélifère »).
L’aspect et l’éclat de la pentlandite sont similaires à ceux de la pyrrhotite, mais la pentlandite n’est pas magnétique et son trait est de couleur bronze.
Rarement pure, elle contient souvent du cobalt qui modifie le point de fusion.
Pyrite

Formule : FeS2
Sulfure de fer cubique, la pyrite fut remarquée des anciens pour les étincelles qu’elle produit sous les chocs, mais aussi pour son éclat métallique d’un jaune froid semblable à celui du laiton qui la fit parfois nommer or des fous. Son nom provient du grec pûr (le feu) et lithos (la pierre), littéralement pierre à feu.
Elle appartient au système cristallin cubique, ses cristaux prennent souvent des formes dodécaédriques aux faces pentagonales et aux dimensions parfois impressionnantes.
La pyrite fut plus exploitée comme source de soufre que de fer. Cette industrie très polluante tend cependant à être remplacée par d’autres procédés.
Bravoite (dérivé de la pyrite)

Formule : (Fe,Ni)S2
Couleur : gris acier
Une variété de Pyrite de Nickel. Découverte à Junín, Cerro de Pasco, Alcides Carrión (Pérou). Nommé pour le scientifique péruvien J.J. Bravo (1874-1928).
Minéral (sulfure) du système cristallin cubique, se présentant en encroûtements noduleux ou fibro-radiés sur la pyrite (Rico, États-Unis).
Stibnite (ou stibine)

Formule : Sb2S3
Corps en cristaux orthorhombiques, gris de plomb, à éclat métallique. C’est le principal minerai de l’antimoine.
Emplois : minerai important d’antimoine; fabrication de l’hydrogène sulfuré.
Vallérite

Formule : CuFeS2
Un minéral de sulfure trouvé en météorites.