11 persone nant'à u situ.

Cérémonie d’inauguration d’une plaque en mémoire
des pilotes américains décédés en Mars 1945

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Samedi 19 Mars 2005 à 17h à Cervioni

 


Plaque Pilotes américains à Cervioni
La Plaque a été dévoilée au lieu-dit E Piane signalée par une flèche rouge sur la photo du bas;

American Soldiers
en présence d'autorités civiles et militaires;

Second War - ADECEC - Corse - Corsica
avec le concours des anciens combattants.

 

16 marzu : U BJ-25 43-27551 di u Tenente Pelton s’hè inciaccatu dopu esse partutu da Fiume d’Alisgiani, à 4 milli 30 da a costa. P : Tenente Pelton ; copilotu : u F-O Allen ; B : T/Sgt Bertagna ; R : T/Sgt Ziegler (sta missione devia esse l’ultima di u so giru d’operazione) ; TG : S/Sgt Schlittler.

 

18 marzu : U B-25 Bottom Up II avendu prublemi di brinatura, s’inciacca vicin’à Fiume d’Alisgiani. Peq : P : Tenente James C. Volkers ; copilotu : Sottu-Tenente S.S. Bibich ; B : Sottu-Tenente C. H. Snyder ; G : A. M. Mc Kinnon ; RG : Sergente S.P. Gelfo ; TG : Sergente A. W. Lunquist (486e)

 

20 marzu : Stu ghjornu, u squadrone hà persu u B-25J « 6B ». Pilotu : Tenente Mack ; copilotu : Tenente Caniglio ; B : S/Sgt Granger ; RM : Sergente Leonneke ; MD : Sergente Racette ; MQ : S/Sgt Zawistowski (486e BS 340e BG).

15 B-25 : missione, u ponte di CAMPO

 

U « 8 Z » 43-27537 hè statu abbattutu. Peq : P : Sottu-Tenente Jacobs ; copilotu : Sottu-Tenente Narron ; B : Tenente Hammond ; R : S/Sgt Willigham ; MD : S/Sgt Tafoya (sta volta, ùn a s’hà francata ; avia digià saltatu duie volte in paracaduta) ; MQ : S/Sgt Kelley.

 

U « 8X » 43-4039 toccu sopr’à a sibula, s’hè inciaccatu anch’ellu. Un solu paracaduta hè statu rimarcatu. Peq : P : Pilotu : Tenente Wilkinson ; copilotu : Sottu-Tenente R. J. Brown ; B : S/Sgt Thompson ; R : S/Sgt R. Miller ; MD : Cpl Zick ; MQ : S/Sgt Cardwell (488e BS 340e BG).

 

Petit Historique

 


Aux environs de 3 h 35 du matin un sergent en poste au PC de tirs antiaériens, situé au nord de Fiume d’Alesani signala un Beaufighter britannique et se rassura en pensant que c'était un ami.

 

Soudain il hurla « Ce fils de p... balance des fusées éclairantes sur le terrain du 340e ! » Il venait de comprendre que les Allemands utilisaient un avion allié capturé pour tromper la surveillance au sol.

 

Ensuite tout se passa très vite, des JU 88, FW 190, HE 111, DO 117 et quelques ME 109 attaquèrent partout avec toutes sorte de bombes.

 

Avec l'éclairage de la lune et des fusées éclairantes, la visibilit était suffisante pour atteindre toutes les cibles.

 

Les bombes lourdes, celles à fragmentation, les papillons, causèrent de gros dégâts; suivirent de très près les ME 109 mitraillant en rase mottes tout ce qu'ils pouvaient atteindre, B 25, jeeps, camions, tentes et les hommes courant en tous sens.

Le colonel Willis F. Chapman, commandant du groupe s'éveilla en criant: « Bon Dieu ! Qu'est ce qui se passe? » Sortant de sa tente, il comprit très vite et réalisa combien les fusées éclairantes étaient efficaces.

 

 

Accablé, il murmura: « Encore! » Un mois plus tôt une pluie de cendres produites par l'éruption du Vésuve avait détruit tous les B 25 alignés sur l'aire de stationnement. Ses partenaires de bridge Randy Cassada, Cari Kisselman et Joe Reubel avaient justement la veille évoqué cet épisode lors de leur traditionnelle partie de cartes.

 

John Leggett, lui aussi réveillé par le bombardement, se précipita hors de sa tente et plongea dans la tranchée nouvellement creusée.

 

Depuis qu'Axis Sally, la speakerine de la radio de propagande allemande, avait mis en garde la 57, brigade aérienne, en annonçant qu'elle serait la prochaine cible des bombardiers allemands, nos soldats, sachant que ses annonces se vérifiaient toujours, s'étaient empressés de creuser des tranchées. Elle avait une bonne connaissance des goûts du moment de nos aviateurs la preuve en était la diffusion sur les ondes des derniers disques de Glen Miller et d'Artie Shaw. Elle savait aussi que nos GI’s raffolaient de la chanson des Mills Brothers, Papa Doll. Cependant certains hommes du groupe ne l'écoutaient pas, et ils ne se donnèrent donc pas la peine de construire un abri.

 

La tranchée de John Leggett était profonde et confortable et, enfoui dans son trou, il sentit que le 489, escadron était en train d'en baver, il entendit deux hommes plonger dans un abri, un troisième voulut les rejoindre mais l'étroitesse de l'endroit laissait son corps complètement exposé. Quand l’enfer s'arrêta, les infirmiers le trouvèrent mort et les deux autres sérieusement blessés.

 

 

Robert E. Lee et Ken Jacobson qui passaient la nuit au pied de leurs avions respectifs n'avaient aucune chance de sortir intacts de cette attaque. Blessés tous les deux ils furent évacués vers l'hôpital de campagne situé aux environs de Cervioni. Bob eut des blessures internes et dans le dos, il en garda des séquelles toute sa vie.

 

James E. Goodfellow du 488e BS a un cuisant souvenir de cette attaque, il ne l'oubliera jamais. Son copain de chambrée Fred Counts venait juste d'arriver de Naples où il venait d'acheter un matelas qu'il n'eut jamais l'occasion d'utiliser.

 

Voici le récit de Jim Goodfellow: « En entendant le bruit des bombes, nous vîmes le bombardement commencer le long de la côte, nous nous précipitâmes dans la tranchée la plus proche, qui était peu profonde car non achevée. Archie Ashburn plongea le premier en mettant sa tête en avant au fond de l'abri, je le suivis de très près, suivi de Fred Counts. Fred ne trouva pas la doublure de son casque, il plaça sa tête sur mon épaule gauche. Notre tente se trouvait à l'intersection de la route et les coups arrivaient de tous les côtés, (du moins le croyais je). Un éclat de bombe à fragmentation perça le casque de Fred et pénétra dans la tête. il ne paniqua pas mais il me murmura «  Jim, je suis touché et je ne vois plus ». Il saignait abondamment. Je trouvai la blessure et essayai de stopper l'écoulement du sang. Fred me demanda ce qui se passait mais Dieu merci il s'évanouit.

 

À la fin de l'enfer j'essayai de transporter Fred sur une jeep mais, atteinte par le mitraillage, elle refusa de démarrer. Frank Williams arriva et je lui demandai de surveiller Fred pendant que j'allais chercher un autre véhicule avec Paul Brooks. Alors que nous traversions la route nous menant vers la piste j'entendis des gémissements et, me dirigeant vers ces bruits, je découvrais Ken Jacobson gisant sur le sol dans une mare de sang. Il venait de s'évanouir, il avait une hémorragie importante à la jambe gauche. Aidé de Paul, je garrottai au dessus de la blessure et essayai de le porter malgré sa grande taille. Heureusement une ambulance arriva et nous le confiâmes aux ambulanciers. Il était complètement inconscient; je pense qu il ne nous reconnut pas. Les chirurgiens durent l'amputer de la jambe gauche.

 

Quelques jours plus tard, étant conscient de son état, il pensa qu'il allait perdre les deux choses qu'il aimait le plus au monde. Sa très jolie femme Burry ne supporterait pas de vivre toute sa vie avec un infirme; quant au golf, adieu les parcours sur les magnifiques greens du Minnesotta. Il se trompait sur toute la ligne. Burry s'appelle toujours madame Jacobson et en ce qui concerne le golf, John a gagné plusieurs trophées et est devenu un champion dans la catégorie « handicapés ».

Les rapports du raid sont très contradictoires. Nous en avons discutés au cours de nos meetings avec ceux qui l'ont subi. Ce fut tellement soudain et rapide que les survivants en ont un souvenir précis. Chaque homme avait sa propre version de cette attaque. L'aspect curieux de cet événement, est qu'aucun d'entre nous ne se souvient d'avoir entendu Axis Sally annoncer que le 34W BG serait la prochaine victime. Par contre, certains disent l'avoir entendu deux nuits plus tard demander comment nous avions apprécié la visite nocturne des avions allemands à Fiume d’Alesani. Elle ajouta que le 321e basé à Solenzara serait la prochaine victime. Même les rapports officiels de ce bombardement ne sont pas précis. Ils parlent de quinze ou trente avions ennemis nous ayant attaqués, la durée du raid est estimée à 1 h 15. Les dommages sont aussi très flous, on parle de quinze tués, quatre vingt douze blessés, huit avions détruits, douze endommagés, un dépôt d'essence réduit en cendres. Les chiffres du 489e BS escadron qui a le plus souffert du bombardement, semblent plus près de la réalité: soixante quinze avions hors d'usage et quinze récupérables.

 

 

Les hommes à Fiume d’Alesani dormaient profondément lors du raid qui avait eu lieu à Poretta deux heures avant. Ce terrain situé au nord, à quarante cinq kilomètres de Cervioni, a subi lui aussi cette nuit là des dégâts importants: vingt cinq Spitfires inutilisables, plusieurs blessés et tués. Il est évident que la base du 340e aurait du être mise en alerte dès cette première attaque mais on pensa que les Allemands n'attaqueraient pas une seconde fois la même nuit.
Les volontaires des équipes d'intervention en cas de crash n'ont pas attendu la fin de l'opération ennemie pour agir. Se précipi­tant sur l'aire de stationnement, ils essayaient tant bien que mal d'éteindre les brasiers qui ravageaient tout le camp. Plusieurs de ces hommes furent abattus par les bombes antipersonnelles qui explosaient à quatre mètres de haut.

À la fin du raid, tous les responsables des services médicaux se ruèrent vers le premier centre de secours non loin de Cervioni.

L'arrivée massive des blessés de Fiume d’Alesani s'ajoutant à ceux de Poretta transforma l'hôpital de campagne en un véritable hall de gare les jours de grand départ. Le personnel était débordé et les salles surpeuplées.

Une question nous préoccupait particulièrement: comment les Allemands avaient ils réussi à trouver si facilement leur objectif ? La lune, cette nuit là, était pleine et sa réflexion sur la mer était sans doute une des réponses à cette question. Il est possible aussi que des agents ennemis aient été parachutés les semaines précé­dentes et se soient cachés dans les collines au dessus de l'aé­rodrome pour envoyer des signaux lumineux aux bombardiers en approche. Une fois leur mission terminée, il leur étaient facile de disparaître dans cette île au maquis réputé impénétrable.

 

Les pertes ennemies ne furent jamais correctement évaluées, on a parlé de quatre avions abbatus, deux par la DCA et deux par des chasseurs de nuit Beaufighter, mais les hommes du 340e réfutent ces chiffres Car jamais une épave ne fut découverte.

 

Les Allemands Utilisèrent pour aveugler nos radars un moyen que nous appelions pour notre part « Chaff », les Britanniques « Window » et la plupart « Tinfoïl ». Le procédé consistait a larguer hors de la formation des lamelles métalliques qui brouillaiet totalement les écrans radars chargés de donner la position des avions ennemis.

 

Presque tous les points vitaux placés à l'ouest de la base furent anéantis, salles de radio, PC opérations, centre de renseignements, dépôts d'essence et baraquements du 489 BS. Seul le quatier général du 340 BG échappa au massacre, les bombes qui lui étaient destinées ayant été larguées en mer.

 

Les objectifs essentiels poursuivis par les Allemands en décidant de détruire cette unité était de bloquer ainsi tous les mouvements de bombardements alliés venant de Corse et de démoraliser les 310e et 321e BG, basés respectivement à Ghisonnaccia et à Solenzara.

 

Cela ne marcha pas... le 13 mai après midi, dix huit B 25 J effectuèrent la mission programmée la veille, bombarder le tunnel du chemin de fer d'Itri situé au nord de l'Italie. Le jour suivant le commandement réussit l'exploit de compléter ce groupe avec des appareils venus de Ghisonaccia et de Solenzara et d'autres nouvellernent arrivés.

Le 340e reconstitué en un temps record repartit au combat avec plus de détermination et plus de rage, vengeant ainsi les victimes, de la veille.

 

Le lieutenant Leggett fit partie du raid du 14 mai; ce jour-là son avion fut miraculeusement épargné.

Quelques jours après il fut cependant atteint au cours d'une mission sur Itri un Italie, il montra ce jour là ses qualités d'excellent pilote en battant son propre record d'aterrissage sur le ventre sur le terrain de Capodichino. Il fut sacré recordman du groupe. En cette triste et mémorable nuit du 13 Mai, Dieu n'avait pas écouté sa prière.

 

Le 17 Mai, quatre jours apres cet évènement, un B 25 et son, équipage nouvellement affecté au 489e BS se firent tancer par l'officier des opérations Bill Rittenhouse : « Mais où diable étiez-vous donc passés ? Vous étiez censés arriver il y a une semaine.

 

Le chef de bord marmonna une vague explication de panne à Marrakech et à Tunis qui les avaient retardés d'une semaine. Rittenhouse sceptique, accepta cette version du voyage. La vérité aurait été plus difficile à  comprendre. Lors de l'escalade nuit à Belem au Brésil, le miitrailleur victime d' un « mauvais rhume » avait dû être hospitalisé en ville, forçant l'équipage à attendre sa guérison. Ce séjour prolongé en Amérique du Sud fut sans aucun doute bien plus agréable à vivre que celui que connurent les aviateurs du 340e la nuit du 13 mai à Fiume d’Alesani.

 

Le 17 mai au soir, sur l’îIe de Corse, un mitrailleur eut la Joie d'être l’invité d’honneur d’une surprise-partie... victirne d’une maladie « honteuse » attrapé à Belem au Brésil, l’arrivée de son B 25 à Fiume d’Alesani avait été retardée. Son équipage échappa donc au raid du 13 mai et lui manifesta sa reconnaisance en organisant cette surprise-partie.

 

 

13 Mai :
Cette alerte nous plonge dans la réalité de la guerre. Nous sommes attaqués dans la nuit vers 3 heures du matin. [NdT: ils ont assisté de loin au raid des Allemands contre Borgo vers minuit puis ce fut leur tour à 3 h 30 du matin.] Ils ont manqué le 488e BS mais le 486e, et le 489e, ont dégusté, en particulier le second qui a reçu des bombes antipersonnelles et un mitraillage incessant des chasseurs ennemis.

 

Le « 8P » chargé de bombes pour la mission du lendemain a tout simplement disparu, il n'a laissé qu'une immense tache sombre d'une quinzainede mètresde diamètre et un cratère dendeux mètres de profondeur et de trois mètres de large. Certains ont eu les ailes sectionnées, les ailerons et les dérives arrières arrachés. Le groupe a perdu de soixante quinze à quatre vingt machines.

 

Le poids de l'attaque a été supporté par les hommes du personnel au sol installés en piste. L'importance des pertes était expliquée par le fait que ces hommes n'avaient pas pris la précaution de construire des tranchées ou n'avaient pas écouté « Wolf » leur ordonnant de les creuser. Se trouver accroupi dans un si petit abri donnait l'impression d'être tout nu, de sorte que l'on se demandait s'il ne valait pas mieux prendre une autre décision. Quitter une tranchée pour trouver un meilleur abri n'était pas le bon choix car vous étiez aussitôt abattu par le tir des mitrailleuses. Certains, blottis dans leur tranchée, voulurent pourtant le faire mais ils furent arrêtés par le simple soldat Castaneda qui par ce conseil sauva certainement pas mal de vies humaines. Plus tard, constatant un nombre important de blessés, Castaneda arrêta un camion et s'empressa de les faire transporter à l'hôpital militaire de Cervioni.

 

Le T/Sgt Lake, caché dans une tranchée alors que plusieurs bombes à fragmentation tombaient autour de lui, s'aperçut que deux hommes dans la même position commençaient à craquer, il les appelait entre chaque vague d'attaque pour voir si tout allait bien; les entendant appeler au secours, il s'approcha d'eux et vit que l'un d'entre eux perdait beaucoup de sang. Il lui fit un garrot et dès qu'il put se déplacer, l'emmena à l'hôpital. Le Lt Leverett, sérieusement blessé, est décédé en arrivant à l'hopital. Plusieurs tentes furent déchiquetées. L'escadron a souffert de deux décès et de vingt et un blessés. Pour faire un pied de nez aux Allemands nous avons envoyé le jour même de l'attaque les seuls sept B 25 que nous pûmes faire décoller.

 

À 3 h 30 du matin nous avons été bousculés et éjectés de nos couchettes par le retour d'une formation de bombardiers et chasseurs allemands attaquant la base de Fiume d’Alesani. Le raid a duré plus d'une heure détruisant plusieurs de nos avions et des bâtiments de notre groupe. En entendant le sifflement des bombes à fragmentation tombant sur le camp, tout le personnel plongea dans les tranchées. Le 487e a été le moins affecté par cette attaque malgré les pertes que nous avons subies. Une explosion a instantanément tué le T/Sgt Latady, et le Sgt Hawkins a été sérieusement blessé. Le Sgt Reynolds est décédé quelques heures après son évacuation à l'hôpital de Cervioni. Le dernier rapport annonce 16 morts et 106 blessés hospitalisés. Les Allemands ont fait plusieurs passages sur la base, montrant qu'ils étaient très bien renseignés sur notre terrain. La plupart des avions de notre groupe ont été endommagés mais deux seulement du 487e BS ont été complètement détruits.

 

Pas de cinéma ce soir.

 

Dimanche 14 :
Tous nos hommes tués la veille vont être inhumés au cimetière de Bastia.

Funérailles à Bastia du Lt Leverett et du Sg Oddo.

 

Lundi 15 :
Le Sgt Hawkins est décédé cet après midi à l'hôpital de Cervioni.

 

sources :
"Décembre 1943 - Avril 1945 U.S.S. CORSICA L'île porte-avions" de Dominique Taddei.

The 489th Bombardment Squadron in Corsica