
IDENTITÉ, IDENTITARISME : QUEL(S) CHOIX POUR LA CORSE ?
La Corse se trouve, depuis le début du XXe siècle, en situation de conflit identitaire.
Ce conflit relève de l’histoire : occulté, il demeure finalement assez mal connu, pour ne pas dire tabou.
La question de l’identité s’y pose donc de façon plus que significative. Mais elle ouvre aussi un champ de réflexion complexe : pour poser le débat, il importera donc de distinguer l’identité individuelle de l’identité collective.
L’île se trouve placée dans un cadre stato-national soumis à la pression de la mondialisation ; une nouvelle posture a lentement mais sûrement pénétré le paysage politique et symbolique et y a consolidé des positions de moins en moins repoussées, jusques et y compris dans la mouvance qui, historiquement, les a combattues de façon véhémente en même temps qu’elle s’opposait aux projets de l’État.
L’identité, individuelle ou collective, n’est pas donnée une fois pour toutes : elle se transforme en fonction de la somme des expériences de chacun, tout en conservant une forme de permanence qui assure et garantit la conscience de soi au monde. Par nature, celle de l’individu demeure évidemment plus mouvante que celle d’un groupe.
L'identitarisme constitue quant à lui une interprétation gauchie de l’identité collective. Posture construite à partir d’une conception figée du passé, du présent et de l’avenir, et de l’attribution définitive d’une somme de traits distinctifs invariables dans le temps et dans l’espace, elle revendique l’existence d’une prétendue « nature » collective donnée depuis l’origine et pour toujours, aux fondamentaux inamovibles.
Pour engager un effort de réflexion sur un sujet aussi délicat, il apparaît précisément nécessaire de faire un pas de côté en investiguant ce qu’ont à nous en dire les sciences humaines.